La montagne arc en ciel, avis de tempête…

Mais qui a eu cette merveilleuse idée d’aller voir la Montaña Arco Iris!? Hmmm? On ne sait plus! Il s’agit d’un treck de 4 heures, avec un départ à  4200 mètres pour rallier le sommet à Vinicuña, à 5000 mètres d’altitude! Oui, le guide nous avait bien confirmé que l’on pouvait y aller avec les enfants! « Et surtout n’oubliez pas votre poncho a t’il dit » Ok, j’aurais rajouté et vos gants, vos bonnets, vos écharpes et bouteilles d’oxygène! Et si par hasard vous avez des skis, prenez les aussi, on ne sait jamais!

Bref, on se lève à 3h00 pour prendre notre mini bus, on est dans la moyenne d’âge (en prenant en compte l’âge des enfants…) Début de l’ascension à 8h00, les enfants feront l’ascension à cheval, quand même! Avec les parents qu’elle a, je crois que parfois Manon serait bien partante pour rentrer à Fontenay-sous-Bois avant l’heure… On est à 4200 m mais le soleil tape, on est vite en t-shirt, ce petit treck s’annonce sous de bonnes auspices.

La montaña colorada ou arco iris est une montagne aux multiples couleurs, entièrement naturelles,  le rouge grâce à l’oxyde de fer, le vert grâce au sulfate de cuivre ou le jaune grâce au souffre. C’est à dire que cela ressemble à cela sur les encarts des agences de tourisme.

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C’est un circuit touristique très récent, ce qui en fait un site encore bien préservé. Pour combien de temps? Je ne vous explique pas le nombre de fois ou j’ai aperçu des personnes jeter des déchets  (non dégradables bien entendu), je pense d’ailleurs qu’à un moment je vais perdre mon sang froid…

Donc, notre berger à qui nous avons loué le cheval pour la montée s’appelle Mercedes! Il tient les rennes et on le suit au pas de course pour rester au contact des enfants. J’essaye de pratiquer mon espagnol et lui demande s’il habite dans le coin. « Si aqui, un poco mas alto. Ah y cuantos habitantes viven aqui?  Siete habitantes. Siete cientos habitantes? No siete habitantes!” Hmmm ok. Je lui ai aussi demandé si ses parents aimaient bien les Mercedes mais je crois qu’il ne m’a pas compris…

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Donc, cette montée se passe bien.  La montagne ça vous gagne! Mais le temps peut être vite changeant et en tant que responsable logistique je me sens vraiment stupide de ne pas avoir pensé à prendre des vêtements plus chauds, surtout pour les enfants. Sans doute l’habitude d’être au soleil depuis le début du voyage. La Manouche commence à avoir froid, elle pleure et presque arrivée au sommet, Sinoun, affolée, se dévoue pour redescendre avec elle. Je continue avec mon Lulu qui est plus que motivé!

Nous arrivons au sommet, couvert de brume.

Diplômé ès-météo, deux roues oblige, j’aperçois la pluie au loin et presse Lucas pour redescendre. Sauf que ce n’est pas de la pluie mais de la grêle… Lucas a encore la lucidité de me demander comment se forme la grêle. On regardera sur Wikipédia, on se dépêche d’aller retrouver Mercedes qui nous attend plus bas, les chevaux ne pouvant pas accéder au sommet.

La grêle se fait plus forte, fouette le visage, le paysage se transforme et devient blanc en un rien de temps, le cheval sur lequel se trouve Lucas glisse et tombe à terre juste à côté des pierres, Lucas n’a rien, on le remet en selle mais il a peur. Il a froid aux mains, les miennes virent au bleu, il pleure, il est glacé. Je tente de le rassurer mais je sais qu’il reste encore deux heures de descente et que cela va être “chaud”… Mercedes lui passe l’un de ses vêtements, on est tous les deux vigilants et on surveille de nos quatre yeux le cheval. Mercedes nous indique qu’il y a une petite maison dans laquelle nous pourrons nous arrêter à une heure de route, je le fais savoir à Lucas (en divisant le temps par 2, oui, Sinoun a déteint sur moi ;)). La « maison » est en vue, Lucas se calme, la grêle s’atténue. Mercedes nous fait entrer dans cette petite bicoque qui ne doit pas faire plus de 20 m2, il déplace les deux marmites sur le feu pour que l’on puisse réchauffer nos mains. Un jeune enfant enveloppé dans des couvertures grelotte et sa maman lui donne des cuillères à café d’un bouillon qui semble salvateur. Une vieille dame épluche des légumes et trois enfants se chamaillent. Mercedes nous offre du thé et je comprends que nous sommes chez lui. Il demande à son fils aîné de donner à Lucas les vêtements qu’il porte sur lui pour le reste de la route. Je refuse en le remerciant vivement en lui indiquant que son fils va avoir froid aussi. Comment ne pas être ému devant tant de générosité, si rare dans nos contrées urbaines. Nous sommes trempés, la boue recouvre nos chaussures mais nous touchons au but. Nous sommes heureux de retrouver notre mini-bus pour se mettre au chaud. Je donnerai à Mercedes tous les soles que j’aurais sur moi pour le remercier de sa gentillesse et de sa bienveillance pour Lucas.

Bye bye Péru!

Les Lumas partent en Bolivie avec un peu d’avance sur le programme!

Errol

7 thoughts on “La montagne arc en ciel, avis de tempête…

  1. Stephane 11 January 2017 / 20 h 55 min

    Nous voyageons à travers vos récits, merci de nous faire partager. prenez soin de vous! A bientôt. Biz de nous 4

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    • Anonymous 12 January 2017 / 12 h 45 min

      Merci !!!! Oui on essaie 🙂
      On vous embrasse bien tous les 4. Les enfants parlent souvent de fontenay et des copains. MAnon : mais maman pourquoi on est obligé de faire un tour du monde??? Hahhaha. Gros bisous à bientôt !

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  2. Anonymous 11 January 2017 / 21 h 29 min

    Ca c’était une sacrée aventure…prenez soin de vous et continuez de nous faire vivre tout ca! Bisous

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    • Anonymous 12 January 2017 / 12 h 46 min

      Yes , en effet ! Pleins d aventures encore à venir 🙂 bisous

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  3. véronique daumont 12 January 2017 / 12 h 37 min

    ça me rappelle une virée en traîneau à chiens au canada, où nous étions mal équipés et avons eu si froid! je me souviendrai toujours de l’air de désespérance de la pauvre jess, de l’âge de Manon, frigorifiée et de la culpabilité maternelle qui allait avec …..

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    • Anonymous 12 January 2017 / 12 h 52 min

      Ç est exactement ca ! Mais quelle culpabilité ! Et la peur de l altitude en plus. MAnon n arrivait même pas à exprimer ce qu elle avait vraiment , un guide à engueule notre guide en lui disant qu il était parfaitement inconscient d emmener des enfants de moins de 10 ans, notre guide à panique, s est dévêtu pour envelopper Manon , puis un monsieur d une gentillesse exemplaire à enveloppe Manon dans une couverture en la portant pendant les 2 heures de descente o’u nous avons couru. La chipie ne répondait pas , donc on vérifiait toutes les 10 minutes qu elle n ait pas perdu connaissance ! Tout ca sous la grêle , dans la boue, le déluge, l orage a 5000 mètres quoi !!! Oui culpabilité quand tu nous tiens ….

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      • véronique daumont 12 January 2017 / 13 h 01 min

        waouh…

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